Surcomplémentaire santé : beaucoup d'argent, peu de remboursements
La Direction proposait une surcomplémentaire facultative, avec en contrepartie quelques améliorations de la mutuelle de base, financées par les réserves du régime. Voici, chiffres à l'appui, pourquoi nous avons dit non.
71 € par mois : combien de rendez-vous pour rentrer dans vos frais ?
Prenons une famille de quatre personnes qui choisit l'option la plus complète. Elle consulte un spécialiste non OPTAM (dépassements d'honoraires libres) qui facture 70 € la consultation.
Calcul : sur les 71,44 € mensuels, la partie soins courants représente 14,80 € × 2 adultes + 8,55 € × 2 enfants = 46,70 € par mois, soit 560 € par an ; 560 € ÷ 23 € ≈ 25. Le reste de la cotisation (environ 25 € par mois) finance le renfort optique et dentaire. Exemple pour une consultation simple, hors participation forfaitaire de 2 €. Tarifs 2027 et taux de garantie issus de la proposition Harmonie Mutuelle (hypothèse 8) ; base de remboursement : ameli.fr, 2026.
Une formule plus taxée que la mutuelle de base
Un contrat « non responsable » est plus taxé et plus chargé en frais de gestion. Pour un même euro cotisé, une plus grande part ne revient jamais aux salariés sous forme de remboursements.
Mutuelle de base
de taxes et frais (taxes 13,27 %, frais 7 %), avec une participation de l'employeur.
Surcomplémentaire
de taxes et frais (taxes 20,27 %, frais 12 %), sans aucune participation de l'employeur.
Taux de taxes et de chargements : proposition Harmonie Mutuelle. Part estimée en rapportant les taxes et les frais à la cotisation payée, selon l'hypothèse de calcul la plus prudente. L'assureur lui-même conseille de placer certaines garanties sur la base « pour limiter l'effet de la taxe ».
Le « cadeau » sur la base : vraiment gratuit ?
Pour obtenir notre signature, la Direction proposait d'améliorer la mutuelle de base, à condition de signer la surcomplémentaire. Chaque amélioration a un coût, exprimé par l'assureur en hausse des cotisations du régime :
Et qui paie ? Pas la Direction. Elle voulait financer ces améliorations en puisant dans les réserves du régime, alimentées par les cotisations.
Les réserves paient les nouvelles garanties. Le bouquet semble gratuit.
Une réserve ne se dépense qu'une fois. Le coût, lui, revient tous les ans.
Plus de réserves : ce sont nos cotisations qui augmentent pour payer la note.
Ce que le SNB demande
Consolider d'abord la mutuelle de base sur les soins lourds, ceux qui coûtent vraiment cher : hospitalisation, spécialistes (cardiologie, neurologie, pneumologie…), optique et dentaire.
Négocier la surcomplémentaire séparément. Les améliorations de la base ne doivent pas servir de monnaie d'échange : ce n'est pas un tout ou rien.
Une surcomplémentaire à la carte : chaque salarié doit pouvoir choisir qui, dans son foyer, en bénéficie, au lieu d'imposer toute la famille.
Un vrai rapport qualité-prix : chaque euro cotisé doit se traduire par une amélioration réelle des remboursements.
Nous ne refusons pas les améliorations : nous refusons le marchandage. Payer beaucoup plus pour un gain limité, et voir nos réserves fondre pour financer un bouquet présenté comme gratuit, ce n'est pas une avancée. Le SNB n'a pas signé cet accord.
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